au sens théâtral, ou cinématographique : la plage/le ponton/le bateau…de loin, tout se tient, vérité des figures et des choses…de près, une sorte de chaos, de gribouillage proche d’une écriture quasi indéchiffrable (croquis, esquisses, gestes enlevés saisissant l’instant d’une attitude, d’un jeu, d’une présence, instantanés…Diderot à propos de La raie de Chardin, par exemple)…approcher de « l’histoire », la scène se complique, invite le regardeur à se livrer au travail de l’interprétation… Dessiner, peindre, écrire…il y a des mots, découpés directement dans des livres de l’enfance (« Le club des cinq », des livres de ce temps-là), importés, collés… phylactères minuscules, échos, bribes de conversations saisis au vol, inscriptions sonores données à voir dans l’éclat de pigments…Des livres, des pages aux tableaux… des livres ouverts aux fenêtres ouvertes, et dépliées, elles aussi…des mots aux images… Souvenirs d’enfance, lointains et si intimement proches…des cartes postales aux compositions mêlant et faisant dialoguer la plage et la page…à travers les encres, d’imprimerie ou de chine, du noir et blanc à la couleur (bleu méditerranée, rouges et ocres incendie, façon Monsù Desiderio)…des plages de l’insouciance, souvent enfantine, à la menace, fumées noires de l’exil… Né en Algérie, près d’Oran, quelques années avant « le grand départ », Sauveur Pascual explore encore une fois le « sous-venir » de la peinture… Peindre…là-bas… Jean-Michel KOCH, écrivain-philosophe, janvier 2022 |